Arabic Sciences and Philosophy

Research Article

REGARDS D'IBN RUSHD SUR AL-JUWAYNĪ QUESTIONS DE MÉTHODE

Mokdad Arfa Mensiaa1 c1

a1 Université de Tunis, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, 94 boulevard du 9 avril 1938, 1007 Tunis

Abstract

This essay is concerned with the complex relationships between falsafa and kalām. As regards the history of the latter, it has been generally agreed that al-Juwaynī played a decisive role at a moment when Avicennism became intrusive. It is mainly in his al-ʿAqīda al-niẓāmiyya that al-Juwaynī initiated a doctrinal and methodic evolution of Ashʿarism. One necessarily invokes here Ibn Rushd, who, by exposing the dogmas in their literal manifestation in his al-Kashf ʿan manāhij al-adilla fī ʿaqāʾid al-milla, actually sought to operate a systematic refutation of the Ashʿarites' theses. It should be noted, however, that, despite his critical distance, Ibn Rushd nonetheless remained attentive to al-Juwaynī's evolutionary study. In this contribution, some aspects of the major issues in kalām will be examined: the existence of God and the argument of takhṣīṣ (particularization), His unicity (waḥdāniyya) and the argument of mumānaʿa (mutual hindering), as well as human agency with the acknowledgement of man's capacity (qudra) and its role. Albeit limited in scope, the essay attempts to make a more profound evaluation of al-Juwaynī's role at a crucial moment of the history of kalām in its specific development during which the Great Masters have not always been faithful to the classical tenets of their school, but also in its relations with falsafa and its influence on al-Juwaynī, and then and mainly on his disciple al-Ghazālī's theological thought.

Résumé

Le présent travail concerne les rapports complexes qui ont existé entre la falsafa et le kalām. Pour l'histoire propre de ce dernier, l'on s'accorde sur le rôle de premier ordre joué par al-Juwaynī à un moment décisif où l'avicennisme devenait envahissant. C'est surtout dans al-ʿAqīda al-niẓāmiyya qu'il fit évoluer l'ashʿarisme aussi bien dans la doctrine que dans la méthode. Le témoignage d'un faylasūf est ici invoqué. Ibn Rushd, en voulant exposer dans al-Kashf ʿan manāhij al-adilla fī ʿaqāʾid al-milla les dogmes dans leur sens manifeste, a cherché à opérer une réfutation systématique des thèses ashʿarites. Ce faisant, il a été attentif au renouvellement opéré par al-Juwaynī. Tout en restant critique à son égard, il a trouvé chez lui un réconfort à sa polémique anti-ashʿarite. Sont évoqués ici certains aspects des questions majeures dans le kalām: l'existence de Dieu avec l'argument de takhṣīṣ (particularisation), Son unicité avec l'argument de l'empêchement mutuel (mumānaʿa), et les actes humains avec l'affirmation de la capacité (qudra) de l'homme et le rôle de celle-ci. Même si le travail présenté ici peut être continué et élargi, il cherche à avoir une appréciation plus exacte du rôle joué par ce grand maître de l'ashʿarisme à travers son petit traité, à une époque jugée cruciale dans l'histoire du kalām selon son développement propre au cours duquel les grands maîtres n'ont pas été toujours fidèles aux doctrines classiques de l'École, mais aussi dans ses rapports avec la falsafa et l'influence de celle-ci sur la pensée théologique d'al-Juwaynī et puis et surtout sur celle de son disciple al-Ghazālī.

Correspondence:

c1 Email: mokdadarfa@hotmail.com

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