Canadian Journal of Political Science

Research Article

Identités ethnoculturelles et politique étrangère : le cas de la politique française du Canada

Justin Massiea1 c1

a1 Université d'Ottawa

Abstract

Résumé. Cet article propose, grâce à la notion de culture stratégique, une articulation du lien entre identité et politique étrangère. Il met plus particulièrement l'accent sur les effets des identités ethnoculturelles (anglophone et francophone) sur la politique de sécurité internationale du Canada, et soutient l'hypothèse qu'il en résulte une culture stratégique atlantiste et biculturelle, laquelle accorde une importance particulière à la France (de même qu'à la Grande-Bretagne et aux États-Unis). Il ressort de l'analyse historique de celle-ci que la centralité des identités ethnoculturelles canadiennes permet de mieux comprendre l'importance particulière dont jouit la France sur les limites normatives du multilatéralisme et de la légitimité de recourir à la force militaire par le Canada.

Abstract. This article seeks to provide a constructivist account of Canadian foreign policy, linking identity and policy, through the concept of strategic culture. It focuses on Canada's dual ethnocultural identities (Anglophone and Francophone) and the bicultural and Atlanticist strategic culture that stems from it. It argues that this strategic culture helps explain France's significant importance (together with the United Kingdom and the United States) in defining the normative boundaries of Canada's multilateralism and legitimacy to use of military force abroad.

Correspondence:

c1 Justin Massie, professeur adjoint, École supérieure d'affaires publiques et internationales, Université d'Ottawa, Ottawa, Ontario, K1N 6N5, jmassie@uottawa.ca.

Footnotes

Remerciements: L'auteur tient à remercier Jean-Christophe Boucher, David Haglund, Philippe Lagassé, Daniel Salée ainsi que les évaluateurs anonymes de la Revue canadienne de science politique pour l'utilité de leurs commentaires. Il remercie également le Conseil de recherches en sciences humaines ainsi que le Centre d'études des politiques étrangères et de sécurité de l'UQÀM pour leur appui financier à cette recherche et à la diffusion de ses résultats.

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