Africa

Research Article

Some Aspects of Marital Stability in a Rural Luo Community1

Betty Potash

Opening Paragraph

The stability of marriage is one of the most striking features of a rural Luo community, yet discussions of marital problems are endemic. Women frequently voice complaints about their husbands' behavior or make more general comments on the difficulty of marriage for women. By contrast, men voice few complaints about their own marriages, although they are well aware of women's attitudes. I was frequently cautioned by male friends not to pay too much attention to anything a woman might tell me since ‘women liked to complain.’

Résumé

LA STABILITÉ MATRIMONIALE DANS UNE COMMUNAUTÉ RURALE LUO: QUELQUES ASPECTS

L'un des traits les plus remarquables d'une communauté rurale Luo est le taux élevé de stabilité matrimoniale: en effet, 79,7% des manages contractés demeurent inchangés. Cependant, stabilité et harmonie conjugale ne sont pas corrélatives et certains mariages connaissent de nombreuses difficultés. On peut citer parmi les plus communes: la jalousie des coépouses, un soutien économique insuffisant, l'absence d'enfants mâles, et des tensions dans les rapports avec la famille étendue. Cependant les mariages continuent d'exister.

La stabilité du manage est fonction d'un certain nombre de facteurs. Les règles relatives à la garde des enfants en cas de séparation sont particulièrement importantes puisqu'elles exigent qu'une femme quitte ses enfants. Les données fournies par les recensements indiquent que les risques de séparation demeurent faibles lorsqu'il y a déjà des enfants. Même en cas de séparation, la femme revient au foyer sous l'effet des contraintes affectives et économiques créées par la présence des enfants. Les règles d'héritage sont aussi un frein à l'abandon du foyer par les femmes puisque celles-ci n'ont aucun droit de propriété foncière sinon par mariage. En l'absence de propriété foncière, la femme est incapable de subvenir à ses besoins: par conséquent, la séparation nécessite le consentement des parents permettant la réintégration de la femme ou bien elle dépend des chances peu favorables qu'a l'ex-épouse de trouver un second mari.

Les possibilités de succès d'un remariage sont limitées par l'attitude des Luo envers le mariage car une femme divorcée acquiert une réputation fâcheuse. De plus, si une femme a eu des enfants, on estime généralement qu'elle rejoindra le foyer de son premier mari à la majorité de son fils puisqu'une femme compte sur ses fils pour subvenir à ses besoins pour ses vieux jours. C'est pour ces raisons qu'une femme trouvera peut-être difficilement un second mari selon ses besoins. De même, c'est ce qui explique la répugnance des parents à consentir à un divorce ou à une séparation. L'ensemble de ces facteurs contribue à faire du mariage une institution stable. Des cas individuels sont utilisés ici en guise d'exemples.

Betty Potash did fieldwork on the role of women among the Luo 1973–75. After a period at the Department of Sociology, University of Lagos, she is currently in New York.

1 This research was partially supported by a grant from the University of Nairobi.