Africa

Research Article

Two Studies of Ifa Divination

Peter Morton-Williams, William Bascom and E. M. McClelland

Opening Paragraph

To the Yoruba, divination is of great concern, as the means by which they discover and hope to influence the changes in their relationships with the gods and ancestors and other spirits in their complex cosmos, and so to gain their aid in their pursuit of health and good fortune. They employ a number of divinatory techniques. The one that yields the fullest information is the system of geomancy known as Ifa, for which there are three procedures of varying complexity, the two most complex being used by professional diviners (babalawo). The Ifa oracle is animated by a deity named Orunmila, but also often called Ifa.

Résumé

DEUX ÉTUDES DE LA DIVINATION PAR IFA

Les Yoruba pratiquent un certain nombre de techniques divinatoires. Celle qui fournit les renseignements les plus complets est le système de géomancie connu sous le nom d'Ifa; elle s'effectue selon trois processus de complexité variable, les deux cas les plus compliqués étant pratiqués par des devins professionals (les babalawo). L'oracle d'Ifa est animé par une divinité nommée Orunmila, encore qu'on l'appelle souvent Ifa. Le devin consulte l'oracle pour découvrir l'Odu qui régit la destinée de son client: c'est un signe qu'il dessine dans la poussière répandue sur la table de divination. Il est régi par un esprit du même nom que l'Odu; il implique toute une série d'incantations et de mythes qui expliquent la situation présente du client en se référant à une situation archétypale et en prescrivant certaines offrandes à pratiquer à l'esprit Odu et, éventuellement, à d'autres divinités, si le client arrive à ses fins.

Un signe d'Odu comprend huit éléments, simplement délimités, qui se disposent en deux colonnes de quatre. Le devin peut jeter une corde ou une chaîne à laquelle sont accrochés huit objets semblables qui donnent des arrangements tête-queue. Ou bien, il peut tenir seize noix de kola dans une main et en prendre dans la main pleine autant que possible avec l'autre main, en observant s'il en tombe une ou deux. L'on dispose l'Odu sur la table de divination en marquant le fond avec un élément d'abord de la main droite puis de la main gauche, ensuite de nouveau avec la main droite etc … en allant de gauche à droite et de bas en haut.

Il est bien évident qu'il y a seize signes possibles dans lesquels les colonnes de droite et de gauche sont identiques. Ce sont là les Odu principaux et l'ordre selon lequel ils sont disposés de mémoire par les devins est exposé dans les deux articles précédents.

Le professeur Bascom poursuit une enquête empirique sur l'ordre actuellement suivi, d'après un très grand nombre d'informateurs, non seulement chez les Yoruba, mais aussi chez des peuples voisins qui pratiquent le même système, et chez les descendants des Yoruba à Cuba. Il ne se contente pas de dégager l'étroite échelle de variations dans l'ordre des dispositions de l'Odu mais il apprécie aussi à leur juste valeur l'originalité et la véracité d'un grand nombre de descriptions ethnographiques de la divination par Ifa. Le Dr. McClelland analyse le principe suivant lequel est structuré l'ordre adopté par les membres de son échantillonnage de devins dans l'aire centrale des Yoruba. Son étude présente en outre une nouvelle information appréciable en tant qu'aperçu des processus des devins.

Ces deux études spécialisées de l'une des parties du système de divination par Ifa ont trait à des problèmes d'un intérêt beaucoup plus étendu, concernant l'ethnographie et l'histoire de l'Afrique occidentale. Les seize colonnes dans le tableau des signes d'Odu sont identiques aux signes utilisés dans un système de géomancie originaire de l'Antiquité au Proche Orient. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est la manière dont le système a été incorporé aux conceptions cosmologiques des Yoruba. Les analyses minutieuses du Professeur Bascom et du Dr. McClelland montrent donc que les Yoruba ont élaboré une structure logique dans leurs relations avec l'Odu qui se trouve exprimée à travers la mythologie du système.

Peter Morton-Williams. Lecturer in Anthropology, University College, London; author of numerous articles on the Yoruba.