Dialogue

Notes—Discussion

Freud, Copernic et la méprise

Raymond Montpetita1

a1 Paris

Le texte freudien entretient avec l'ensemble de l'écriture un rapport d'intertextualité, il communique avec ceux qui parlent autour de lui, avec ceux aussi qui ont, avant lui, pris la parole et qui à son époque se laissaient déjà contenir sous le nom de « tradition ». Cette situation n'est pas le propre du texte freudien, elle est commune à tout texte qui s'énonce; cependant, chez Freud lui-même, ce rapport à la tradition, à l'écriture antérieure, trouve un lieu d'explication: Freud se situe explicitement à un point précis de cette tradition et pense celle-ci par rapport à lui; il lie, dans une lecture englobante, son texte à ceux de Copernic et de Darwin, il a conscience de lui-même comme appartenant à leur continuité; à ses propres yeux, « après Freud » advient quelque chose qui, après Copernic et après Darwin, était aussi de quelque façon advenu, quelque chose que le récit psychanalytique poursuit en le redisant.

(Online publication June 1970)