Dialogue

Critical Notices/Etudes Critiques

La place réservée à la pragmatique dans « Le procès de la métaphore » de Guy Bouchard1

André Leclerca1

a1 Université du Québec à Trois-Rivières

Le dernier livre du Professeur Guy Bouchard est remarquable à bien des égards. C'est d'abord un livre qui arrive à un bon moment, il me semble, pour faire le point sur la fameuse controverse opposant Ricoeur et Derrida. Cette controverse, relative à la possibilité de définir la métaphore et surtout à son rôle dans le discours philosophique, sert de fil conducteur à l'ouvrage. Cette polémique a pris beaucoup d'ampleur au cours des dernières années, en raison du très large auditoire dont jouissent depuis longtemps ces deux philosophes français. Et ce n'est pas un mince mérite que de s'attaquer, comme l'a fait G. Bouchard, à des questions qui intéressent aujourd'hui un nombre impressionnant de philosophes, linguistes, rhétoriciens, poéticiens, psychologues, pédagogues, etc. Ceux et celles qui connaissent déjà « La mythologie blanche » (Derrida), La métaphore vive (Ricoeur) et « Le retrait de la métaphore » (Derrida) apprécieront, j'en suis sûr, le très important travail de « correction » qu'a fait Bouchard des conceptions présentées par Ricoeur et Derrida, et particulièrement des « lectures » que fait Ricoeur d'un grand nombre d'auteurs dans La métaphore vive. Je trouve un peu malheureux que ce travail de correction se retrouve surtout sous forme de notes placées à la fin du volume (il y a soixantehuit pages de notes dans cet ouvrage), ce qui ne contribue pas tellement à le mettre en valeur. Ces corrections me semblent souvent fort éclairantes et permettent de nuancer beaucoup les thèses philosophiques de Ricoeur et Derrida.

Footnotes

1 Cette étude critique est la seconde version d'un texte lu à Chicoutimi lors du dernier congrès de l'A.C.F.A.S. (mai 1985), dans le cadre de l'activité « Présentation d'ouvrage ». J'ai grandement profité des remarques de Daniel Vanderveken, de Claude Panaccio, de Richard Vallée, et de celles que Marc Imbeault m'a suggérées pour éliminer quelques lourdeurs ou répétitions. Je tiens à les remercier vivement pour leur aimable collaboration. Pourtoutes les références faites au livre de Bouchard, je me suis contenté de mettre la pagination à la suite du passage cité; les autres références sont reportées ici.