La pratique sacrificielle s'inscrit au cœur des traditions de toutes les sociétés africaines, dont elle a constitué la pierre d'angle. Rite omniprésent, nœud de visions du monde globales, elle fut associée jusqu'à l'impact colonial à tous les détours de la vie économique, sociale, politique de celles-ci. C'sest en partie pour cette raison que le colonisateur l'a souvent prise pour cible, pour le plus grand bénéfice des « religions du Livre » où sa place, bien que centrale, n'est plus que symbolique. La dissociation du « religieux », de l'économique, du politique, la diffusion de modèles nouveaux de « développement », la réduction des cultes ancestraux en ont réduit la portée en même temps que les normes éthiques « modernes » l'expurgeaient de ses aspects contraires à la sensibilité occidentale.